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Alimentation en eau potable à Tiaret. Danger de pollution du barrage Benkhadda




El Watan - lundi 1 août 2011

Alimentation en eau potable à Tiaret. Danger de pollution du barrage Benkhadda

La cause de cet impair serait due, selon certaines indiscrétions, aux pannes fréquentes de courant électrique qui surviennent, de temps à autre, dans cette station de relevage.
Un risque imminent peut de replonger la ville de Tiaret et certaines de ses agglomérations dans le spectre lié aux MTH (maladies à
transmissions hydriques) de triste mémoire avec son corollaire des centaines de victimes et un décès à la clef au début des années 2000. En effet, des eaux d’assainissement qui parviennent, côté nord, jusqu’à la station de relevage, située au niveau de l’Oued-Mezguida et gérée par l’ONA (office national d’assainissement) ne sont plus pompées pour être réacheminées vers la station de traitement mais coulent directement vers l’oued qui mène sur un grand dénivelé vers le barrage Benkhadda à l’ouest. Un barrage qui constitue l’une des importantes infrastructures pourvoyeuse d’eau potable à près de 300.000 habitants.
La cause de cet impair serait due, selon certaines indiscrétions, aux pannes fréquentes de courant électrique qui surviennent, de temps à autre, dans cette station de relevage. A défaut d’un groupe électrogène, l’eau ne peut être pompée et est

automatiquement déviée vers l’oued, de  l’autre côté pour aller s’écouler directement vers le barrage. Les eaux ainsi charriées pourraient même être exploitées par des riverains pour leurs cultures maraîchères. Un responsable du ministère de la Santé précédemment président du Comité national opérationnel de lutte contre les maladies à transmission hydrique (MTH), avait dressé, devant les responsables, élus et principaux acteurs du mouvement associatif local, un sévère réquisitoire contre la situation qui prévalait en matière de risques d’épidémies liées aux MTH.

Preuve d’inconscience

Le conférencier, tout en rappelant les épisodes liés aux dernières épidémies induites principalement par la qualité des travaux réalisés en dehors des normes techniques, a révélé que «le taux de morbidité en 2002, à Tiaret, était 10 fois plus élevé que la norme nationale». Le pic atteint en 2002 avec 50 cas avait connu une baisse sensible mais «c’est surtout en hiver que ces maladies surviennent. Personne n’est à l’abri car on continue à réaliser des réseaux

et surtout des équipements avec des matériaux hors normes», a-t-il averti avant de lâcher que «Tiaret reste parmi les cinq wilayas du pays à grands risques». Bien qu’il reconnaissait les efforts déployés durant les dernières années pour juguler le fléau, il faudrait, dira-t-il, «situer les responsabilités car des responsables à tous les niveaux continuent de faire fi des recommandations et surtout de faire preuve d’inconscience».
Le spécialiste qui a évoqué le cas de l’hôpital de Tiaret qui a dépensé, en 2000, l’équivalent de son budget pour faire face à l’épidémie
induite par la pollution de la source Aïn El Djenane. «Un cas de typhoïde déclaré revient en terme de traitement à 50 000 DA, à raison de 21 jours de prise en charge. Il y a, certes, une courbe qui décline en la matière mais il y a une recrudescence des cas d’intoxication collective en milieu urbain». Contacté il y a quelques jours pour connaître sa version des faits, M.Meftah Lakhal, directeur de l’hydraulique de Tiaret, «réfute et évoque des pics d’eaux usées qui proviennent des alentours de la station, notamment entre 11 heures du matin et 13 heures et fait savoir qu’un avis d’appel d’offres a été lancé en vue de la réalisation d’un nouvel équipement dans cette station».

Fawzi Amellal




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